
À moins d’une heure de la côte de Pattaya, Koh Larn offre une eau turquoise, des rochers et du sable propre ; sur le continent, on ne trouve presque plus rien de tel. L’endroit paraît idéal : pas une seule tour d’hôtel dans le champ. Mais la réussite des photos tient à trois choses auxquelles on pense en dernier : le temps de trajet, l’état de la marée et l’heure à laquelle la foule déferle. La lumière et la plage elle-même ne viennent qu’ensuite.
Le plus important est de le savoir d’avance : « y faire un saut pour une petite heure de photos », ici, ça ne marche pas. Passons l’île en revue dans l’ordre (trajet, traversée, marée, plages, horaires) et voyons au passage pourquoi le coucher de soleil et le speedboat jouent le plus souvent contre vous sur Koh Larn.
Logistique : une journée entière pour une heure de prise de vue
On prend souvent Koh Larn pour l’affaire d’une heure, et c’est l’erreur principale. Faisons le compte, étape par étape, du temps qu’il faut avant la première photo :
- trajet jusqu’à la jetée de Bali Hai : ~15 min ;
- guichet et embarquement : ~10 min ;
- attente du départ (les deux lignes confondues, un bateau toutes les 30 min environ) : ~15 min ;
- traversée en ferry : ~45 min ;
- débarquement et marche jusqu’aux songthaews (des pick-up aménagés en taxis collectifs) : ~15 min ;
- attente des songthaews, qui ne partent qu’une fois pleins, puis trajet : ~20 min ;
- marche le long de la plage jusqu’aux transats et choix de l’emplacement : ~15 min ;
- changement de tenue, réglage du matériel, crème solaire : ~15 min.
Soit environ 2 h 30 avant la première photo. La séance elle-même dure une heure, plus 15 à 30 minutes pour les changements de tenue et les petits déplacements. Le retour prend autant de temps que l’aller. Résultat : une séance « d’une heure » sur Koh Larn, c’est plus de six heures de porte à porte, autant dire une journée entière.
À cela s’ajoutent les horaires. Pour rentrer, le premier ferry pratique part vers midi, et depuis la plage touristique de Tawaen pas avant ~13 h (ensuite, un départ par heure environ jusqu’à 17 h). Même avec la meilleure volonté du monde, impossible de repartir avant le milieu de la journée, et c’est autour de cette contrainte qu’il faut bâtir tout le programme.
D’où les tarifs. Pour une séance sur Koh Larn, les photographes demandent en général au moins 1000 bahts de plus que sur le continent et ne se déplacent pas pour « une petite heure » : le minimum raisonnable, ici, c’est deux heures. Ce supplément ne correspond pas à une marge, mais à une journée perdue dans les trajets.
Comment y aller (et pourquoi pas en speedboat)
Depuis le continent, on embarque à la jetée de Bali Hai, dans le sud de Pattaya. Le ferry coûte environ 40 bahts l’aller (le tarif a augmenté le 10 avril 2026 ; des sites tiers affichent encore l’ancien prix, « 30 bahts »), met ~45 minutes et accoste soit au village de Na Baan, soit à la plage de Tawaen. Il y a deux lignes, une par débarcadère de l’île ; chacune part à peu près toutes les heures, mais avec une demi-heure de décalage entre les deux, ce qui fait au total un bateau toutes les 30 minutes environ. Ne comptez pas pour autant embarquer dès votre arrivée : prévoyez l’attente dans votre programme.
Le speedboat a tout de la solution rapide, mais le plus souvent il gâche la séance avant même qu’elle ait commencé. Il tape dans les vagues, ça secoue, et beaucoup de passagers ont le mal de mer, les enfants surtout ; plus le bateau est petit, pire c’est. On prend des embruns pendant toute la traversée : coiffure, maquillage et vêtements ont souffert avant que vous ayez mis pied à terre. Pour une séance photo, le ferry est le choix raisonnable : c’est plus long, mais on arrive sec et en forme.
Marée haute ou marée basse : le facteur principal
Sur Koh Larn, on sous-estime la marée, alors qu’elle compte souvent davantage que la lumière ou la foule.
À marée haute, la mer mange la plage : les transats se retrouvent presque au bord de l’eau, il n’y a plus de bande de sable régulière, les gens n’ont pas la place de se disperser et tout le rivage paraît occupé. On ne peut alors photographier qu’aux extrémités de la plage ou dans des coins peu fréquentés.
À marée basse, la mer découvre une large bande de sable : le rivage dessine une ligne nette, et les gens ont la place de se disperser.
Sur une plage en pente aussi douce, même une faible variation du niveau de l’eau change tout : 30 à 50 cm d’eau en plus ou en moins, ce sont 3 à 5 mètres de sable sous les pieds, si bien que la seconde marée, la petite, celle qu’on ne remarque souvent même pas, se fait nettement sentir ici. La hauteur n’est pas seule en cause, le sens de la marée compte aussi. En deux heures de séance, l’eau va soit recouvrir presque toute la plage, soit se retirer et découvrir une bande de sable. Un bon photographe règle l’ordre de ses prises de vue sur ce mouvement : il commence là où c’est sec et termine tout au bord de l’eau, pendant qu’elle se retire.
La marée ne suit pas d’horaire fixe : c’est une prévision, fiable à un mois environ, que l’on consulte dans les mêmes applications nautiques que les plaisanciers (Koh Larn n’y figure généralement pas à part, on prend Pattaya). Un photographe expérimenté vérifie lui-même la marée à la date voulue et choisit l’heure et la plage en conséquence : cela fait partie de sa préparation, ce n’est pas une question qu’il vous pose une fois sur place.
Plages, foule et lieux de prise de vue
La foule a ses horaires : le gros des visiteurs débarque à Tawaen et Na Baan vers 9 h et atteint les plages éloignées vers 10 h, au moment où les bateaux charters y arrivent eux aussi. L’affluence culmine entre 11 h et 15 h, après quoi les gens commencent à repartir. Le ferry matinal de 7 h – 8 h vous laisse environ deux heures de calme sur une plage éloignée, et il n’y aura pas d’autre créneau vraiment tranquille de la journée.
- Tawaen : la plage principale et la plus fréquentée, celle où accoste le ferry ; en journée, elle ne se prête pas à une image épurée.
- Nual (« Monkey Beach ») : au sud, rochers rouges et eau turquoise, horizon dégagé ; c’est elle que l’on cite le plus souvent comme la meilleure pour les photos.
- Tien : l’une des plus pittoresques et des plus calmes.
- Ta Yai : à son avantage dans la lumière du matin.
- Sangwan : un coin tranquille, à l’écart du flot des visiteurs.
Le lieu le plus reconnaissable est la passerelle blanche en bois qui surplombe les rochers ; c’est ce que l’on photographie le plus.
Lumière et horaires : qu’en est-il du coucher de soleil ?
Tôt le matin sur les plages éloignées, avant 9 h – 10 h, c’est le meilleur créneau : lumière douce et presque personne.
Le coucher de soleil, lui, est pratiquement hors de portée si vous faites l’aller-retour dans la journée. Le soir venu, le ferry ordinaire ne fait plus le trajet retour : les derniers départs ont lieu vers 17 h – 18 h. Une fois la nuit tombée, plus aucun bateau régulier ne circule, et la paresse des exploitants n’y est pour rien : pour naviguer de nuit, le Marine Department exige une autorisation spéciale, qui suppose un bateau équipé en conséquence, un second membre d’équipage et la connaissance des signaux lumineux maritimes par l’un comme par l’autre. Rares sont ceux qui remplissent ces conditions, si bien qu’on ne peut pas rester pour le coucher de soleil et rentrer ensuite tranquillement. Photographier à la fois le coucher et le lever du soleil n’est possible qu’en dormant sur place, mais l’île n’a presque pas d’hébergement confortable ni d’infrastructures ; c’est une option pour qui aime ça, pas un programme normal.
Le plus logique est donc de prévoir Koh Larn le matin et de photographier le coucher de soleil une fois de retour sur le continent.
Déplacements : nous déconseillons le scooter
Le scooter paraît lui aussi tout indiqué, mais mieux vaut s’en passer. Les routes de Koh Larn enchaînent montées et descentes raides, où les conducteurs débutants perdent régulièrement le contrôle ; le dérapage et la défaillance des freins en descente sont le principal danger documenté, et il faut savoir conduire sur un tel relief. Ajoutez-y un grand classique de l’île : le passeport laissé en caution, puis des réclamations gonflées pour des « rayures » à la restitution. D’une plage à l’autre, les songthaews sont plus fiables et plus reposants : 30 à 50 bahts, même s’il faut attendre qu’ils se remplissent.
Ce qu’il faut voir avec le photographe
Connaît-il l’île et son rythme ? Quelle plage convient aux images que vous voulez, à quelle heure arrive la foule, où se trouve la fameuse passerelle blanche. Un photographe du coin ne cherche pas ses emplacements en cours de route.
A-t-il compté le temps de façon réaliste ? S’il vous propose « une petite heure », c’est qu’il ne connaît pas Koh Larn. Ici, un programme honnête, c’est une demi-journée à une journée entière, calée sur le premier ferry de retour.
Tient-il compte de la marée ? À marée haute, on ne choisit ni le même parcours ni la même plage. Si le photographe vérifie lui-même la marée pour votre date et organise tout à partir de là, c’est qu’il a réellement travaillé sur l’île.
Koh Larn est le meilleur décor naturel des environs de Pattaya, et aussi le plus exigeant : une demi-journée de trajet, un ferry à heures fixes, la marée et la foule. L’eau et les rochers donnent d’eux-mêmes un bel arrière-plan. Tout le reste dépend du photographe : il faut qu’il ait bien anticipé le ferry, la marée et la lumière — et qu’il vous ait prévenu qu’on vient ici pour la journée, pas pour une heure.